Visuel expo galerie ephemere Sabrina Beretta
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19/11/2021

Portrait d'artiste, épisode 7 : Sabrina Beretta

L'exposition "La Galerie éphémère" du Crédit Agricole du Nord Est, qui a mis en lumière 10 artistes du territoire, s'est clôturée le mois dernier au palais du Tau. 

Chaque semaine, nous allons à la rencontre de l'un de ces artistes. Cette semaine, c'est au tour de Sabrina Beretta de nous parler de son oeuvre. 

En quelques mots, qui es-tu, peux-tu nous présenter ton parcours ?

Je m'appelle Sabrina Beretta, je suis artiste peintre et illustratrice originaire de Champagne-Ardenne. Initialement infographiste, c'est par plaisir et de manière autodidacte, que j'ai commencé à dessiner. De fil en aiguille, j'ai illustré une dizaine de livres, en autoédition puis aux éditions Hachette et Jouvence. Petit à petit, la peinture s’est invitée tout naturellement, mon style et mes inspirations ont évolué. En 2018, je me lance concrètement et officiellement dans cette aventure afin de devenir artiste indépendante. Depuis, ma démarche artistique s’est forgée et j’ai eu la chance d’être sollicitée pour de nombreux projets. Ces dernières années ont été très constructives et ce qui m’a permis de travailler sur des surfaces plus grandes, notamment sur des supports urbains. J’ai alors fait mes premiers pas dans le street art et l’art urbain.

Comment es-tu devenue artiste, comment est née cette passion pour l’art ?

J'ai toujours été créative et manuelle, depuis mon enfance, même si je n'ai pas bénéficié d’une éducation artistique et ouverte d’esprit. Depuis mes premiers dessins, en 2015-2016, j'ai eu la chance d'avoir une communauté grandissante d'internautes qui m’a été d’un grand soutien et très encourageante. J’ai exploré d’autres techniques, médiums, supports… tout en développant ma démarche artistique axée autour du concept de l’effet papillon. Je m’épanouis désormais dans la peinture et plus récemment dans l’univers du street art et de l’art urbain. À l’origine, l'art était un loisir et parfois presque une thérapie, c’est devenue une nécessité. J’ai concrétisé ce rêve d’exercer une activité professionnelle artistique. À peine quelques années après, j'ai la chance et je suis fière de pouvoir dire que c'est mon métier. 

Quelles sont tes influences et tes sources d’inspirations ?

Instinctivement, je suis attirée par les couleurs vives et la géométrie. De ce fait, j’aime énormément le Pop art et le Op art, mais ce ne sont pas les seuls courants artistiques qui m'inspirent. J’aime beaucoup la démarche de construction chez Picasso, une de ses phrases résonne particulièrement pour moi et mes "Effet papillon" : "Tout acte de création est d’abord un acte de destruction.” J’aime penser que l’histoire de chaque artiste joue un rôle fondamental et influence grandement son travail. De manière générale, j’admire et je m’enrichis du travail d’artistes et de street artistes de tous horizons et dans tous les styles. Il y a toujours quelque chose à comprendre, à entrevoir, à apprendre, à apprécier etc.

Quel est ton lien avec Rethel, ta région ?

La Champagne-Ardenne est ma région natale, j’habite actuellement à Rethel, entre Charleville-Mézières et Reims. Rethel est une petite ville accueillante et charmante, c’est également une manière d’être à la fois proche de mes racines, et de pouvoir me rendre facilement en région parisienne dans le cadre de mes activités artistiques. La ville de Rethel m'a d'ailleurs proposé de belles choses, nous avons des projets d'art urbain... c'est dans les tuyaux !

Comment définis-tu ton style, ta démarche artistique ? Quel est ton processus de création ?

J’aime proposer plusieurs lectures, même quand il s’agit d’une représentation simpliste. C’est tout l’intérêt de mes œuvres signatures « Effet papillon ». Certains y voient une construction, d’autres une déconstruction. On peut y voir une façade et des facettes, une symétrie ou une dualité, une cicatrice, une interprétation du temps qui passe, ou encore le principe de causalité sur la vie et l’avenir. Cette démarche artistique est aussi graphique, avec un processus de création travaillé qui rassemble de nombreux détails, et propose également une lecture très personnelle, voire intime. Le papillon évoque symboliquement la métamorphose, la renaissance, ce qui fait écho à mon histoire personnelle. Le concept graphique de l’effet papillon me donne ensuite une inspiration infinie. Décliner à d’autres inspirations, à d’autres thèmes ou à des supports particuliers, je n’aurais pas assez de toute une vie pour tout exploiter. Enfin, il y un élément graphique, très important, qui a fait le lien, depuis mes premiers dessins jusqu’à maintenant, c’est le triangle. Une forme qui me fascine par sa simplicité graphique et sa richesse de sens. Les triangles sont en quelque sorte les atomes de mes œuvres, et la genèse de mon style.

Depuis quand appartiens-tu au mouvement « street art » ?

Le street art (et l’art urbain) est arrivé de lui-même dans mon parcours. C’est un univers qui m’attire et j’avais le désir de travailler en ce sens un jour. Mais je ne pensais pas que ça arriverait si naturellement et si rapidement. C’est donc un domaine dans lequel je suis assez nouvelle, j’y travaille énormément afin de développer ma démarche, de m’adapter à ces nouveaux supports et à cette nouvelle visibilité. La théorie de l’effet papillon a d’ailleurs parfaitement joué son rôle dans cet aspect de mon parcours. En effet, certaines personnes ont été déterminantes en apportant leur petite touche à un instant « t », inspiration, motivation, conseils, modifiant ainsi le cours de mon évolution artistique et provoquant une accélération dans le domaine du street art. Je pense notamment à mon amie Carole B, artiste et street artiste très talentueuse, mais également à d’autres acteurs, ceux qui m’ont fait confiance en me donnant la chance de travailler sur de beaux projets et m’ont permis de « faire le mur » de mon atelier.

Abordes-tu différemment tes œuvres, qu’elles soient implantées dans la ville, où qu’elles soient sur un support conventionnel, accrochées ou exposées ?

Je travaille beaucoup sur papier et sur toile, quelquefois sur bois et sur des supports moins communs. Dans la rue ou dans les lieux qui ne sont pas initialement prévus pour être exploités comme un support artistique, on peut être confronté à tous types de formes et de surfaces. Il y a donc forcément une adaptation technique à prendre en compte, une démarche ou un processus de création différent. Mais au-delà de cet aspect technique et expérimental, ma démarche et mon implication restent les mêmes. Je souhaite proposer une vraie continuité entre mon atelier et la rue. Là où je vais travailler davantage, ce sera pour optimiser mon style graphique à chaque support, et éventuellement ajouter subtilement des détails, associer une phrase, ou encore jouer avec le décor urbain, les volumes, la hauteur, les ombres, les lumières.

Quel est le projet ou l’œuvre dont tu es le plus fier ?

Si je devais choisir l’œuvre dont je suis la plus fière, je dirais que c’est mon tout premier « Effet papillon ». Une petite toile bon marché de 30 cm sur laquelle je me suis lancée, avec à la fois une idée graphique bien précise, et un lâcher-prise total. Cette petite toile, en apparence anodine, raconte énormément de choses sur ce que j’étais, ce que je suis et ce que je serai. Ce papillon (un souci) a donné du sens à toute ma démarche artistique.

Quels conseils donnerais-tu à quelqu’un qui souhaiterait se lancer dans le monde du « street art » ?

Le premier conseil que je donnerais à ceux qui souhaitent entrer dans l’univers du street art, c’est de ne pas avoir peur. La vie est faite de risques et vouloir vivre de son art n’y échappe pas, surtout quand il est exposé aux yeux de tous. Il faut croire en soi et ne pas s’arrêter au jugement des autres ou aux obstacles qui seront sur la route (ou sur les murs). Le second conseil, et il ne s’applique pas qu’au street art, c’est de travailler beaucoup, efficacement, et toujours plus. Il n’y a pas de secret, ni de miracle (pour ma part en tout cas). Il faut provoquer les choses, se donner des chances, monter chaque petite marche les unes après les autres. « Un petit incident peut avoir de grandes incidences », et « d’un seul battement d’ailes, tout peut voler en éclat », c’est… l’effet papillon.

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